STEPHANIE JACQUES

« Ce travail trouve aussi ses racines dans mon histoire personnelle. Mon adolescence a été empoisonnée par une forte scoliose (déformation de la colonne vertébrale). J’ai passé beaucoup de temps chez les orthopédistes. J’ai porté plâtres et corsets jusqu’à l’opération de la colonne qui a été redressée à l’aide de broches. J’ai dû renoncer à la danse. L’habillement était aussi compliqué. J’étais plutôt jeans. Porter des robes et des jupes c’étaitpour camoufler plus que par envie. Lorsque j’ai fabriqué la première petite robe en câble de téléphone, ces souvenirs sont remontés à la surface. Les sculptures ‘Miss Métonymie’ sont construites comme une colonne vertébrale. Cette courbe c’est la possibilité de ne pas être redressée. Depuis longtemps je cherche à créer une figure qui tienne debout. Étrangement, c’est en quittant l’idée de verticalité que c’est devenu possible. Donc oui, tout ça est lié aux questions que je me pose sur la féminité et l’identité sexuelle. Mes moteurs, ce sont des émotions, des manques, des impossibilités qui me sont propres. Une fois
que tout ça sort, j’aspire à ce que ça fasse écho chez d’autres. Mon travail ne se veut pas une plainte, mais un endroit où je peux transformer des choses pour continuer.”

Oeuvres choisies

Expositions

resilience (2017)
Stéphanie Jacques & Karin Kortenhorst (2015)

© Esther Verhaeghe 2017
© Esther Verhaeghe 2017