Passé

du 19 novembre au 18 décembre 2014

Laurette Atrux-Tallau &
Hélène de Gottal

Mue par la passion et un franc désir d’inattendu, la galerie Esther Verhaeghe Art Concepts est heureuse de vous inviter à l’exposition de deux artistes pour la première fois réunies.
Laurette Atrux-Tallau (Fr) et Hélène de Gottal (Be) ne se connaissaient pas mais partagent un itinéraire artistique commun. Elles furent toutes deux boursières au prestigieux Tamat (Centre de la tapisserie, des arts muraux et des arts du tissu de la Fédération Wallonie-Bruxelles, véritable vivier de l’art contemporain belge francophone). Elles partagent certains outils (les épingles par exemple), certains médiums (le papier) ainsi qu’une pratique où le labeur parfois fastidieux est au rendez-vous. Elles sont de merveilleuses et insatiables « bricoleuses » toujours à l’affût de trouver de nouvelles formes, de nouveaux gestes ou de nouvelles solutions techniques. Insatiables curieuses, elles ne laisseront jamais leur travail s’alanguir. On appréciera chez elles le délicat, le léger, le fragile, qui ne manqueront pas de générer l’émerveillement chez les visiteurs, mais jamais au détriment soit d’une certaine forme de gravité élégante (chez Hélène de Gottal) soit d’un scrupuleux devoir formel d’où pointe une belle dose d’humour (chez Laurette Atrux-Tallau).
Laurette Atrux-Tallau présentera un ensemble de pièces jouant sur des répétitions de points de vernis, de perforations, de formes géométriques ou organiques. Ainsi, elle se joue des esthétiques et propose un univers où les palpitations de l’art cinétique se mâtinent d’accents pop (lorsqu’elle utilise des gouttes de vernis à ongle qu’elle distille sur d’anciennes illustrations de livres animaliers par exemple). Outres des œuvres sur papier, elle proposera aussi des œuvres en porcelaine ou sa nouvelle série de pièces perforées sur panneau de bois.
Hélène de Gottal proposera différentes pièces issues de son corpus délicat où les matériaux interrogent le corps et ses fragments, l’abandon, l’oubli, la preuve du passage ou la décomposition. Depuis quelques années, Hélène de Gottal utilise des techniques issues de la dentelle au fuseau afin de bâtir de frêles et fascinantes constructions tendues de cheveux ou de crins de cheval. Ce matériau fascinant, répulsif, vivant renvoie à la question de la corporalité, à la splendeur de la vie et à son corollaire : la mort. Soucieuse du destin tant des êtres que de la planète, elle cherche non par une démonstration scientifique mais par une appropriation sensible à nous interroger sur le rôle de chacun et sur la grâce qui existe en toutes choses, même celles au demeurant les plus effrayantes (la décomposition des corps, certains insectes…).
Les artistes ont fait le choix de se distribuer les différents espaces de la galerie. Leurs œuvres se rassemblant – dans une conception plus proche des cabinets de curiosités –dans la magnifique bibliothèque du designer danois Poul Cadovius rencontrant par là même le désir d’Esther Verhaghe de mêler objets de design et œuvres d’art.
(Christophe Veys)

Presse

© Esther Verhaeghe 2017
© Esther Verhaeghe 2017