Du 12 mars au 11 avril 2019

Daniel Enkaoua – a fleur de peau

La vie d’abord. Mais laquelle ? Et comment en approcher le mystère ? Pour Daniel Enkaoua, les réponses se cherchent au plus profond, fragile et intime du quotidien.
 

Depuis toujours semble-t-il, dans l’atelier de Barcelone qui jouxte le lieu de sa vie, viennent poser pour lui sa compagne et puis Liel, Aure, Natan, ses enfants. L’exposition recueille les trois dernières années de ce travail. Aure en bleu, Aure en rouge, Liel protégé par une capuche verte ou Natan, debout le torse maigre et nu. Ils gardent les yeux fermés ou les offrent grands ouverts. Les lèvres demeurent scellées. Immobiles, ils ne sont pas ni acteurs, ni prophètes. Ils sont. Là, vibrants et secrets. Comme les fruits et légumes achetés sur le marché voisin que le peintre dispose avec soin sur une table. Une pastèque, des piments, deux salades. Le propos est le même, servi par cette tension qui lie le peintre (son œil, son esprit et sa main) et l’espace qui le sépare des modèles. Posées en touches légères ici, plus appuyées ailleurs, cernant un volume ou au contraire effaçant les contours, les teintes font peu à peu apparaître l’œuvre, solaire et retenue sur fond aussi subtil dans ses gris colorés qu’indéfini. Les couleurs se frôlent, se touchent, se caressent et se heurtent au tempo de l’émoi dont la gestuelle témoigne. Car le peintre le sait : chaque instant, fut-il celui du regard, possède aussi le poids de l’éphémère.

© Esther Verhaeghe 2019
© Esther Verhaeghe 2019